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: Newsletter: Mars 2007

Le pèlerinage de Croagh Patrick
Après avoir célébré chaque année la Saint Patrick, Seamus O’Murchu a décidé qu’il était temps de faire le pèlerinage de Croagh Patrick. Il vous raconte cette journée qui restera inoubliable à ses yeux.
Le pèlerinage de Croagh Patrick:
Sur les hauteurs de la baie de Clew et de la charmante ville de Westport dans le comté de Mayo, s’élève la montagne de Croagh Patrick, lieu où, comme le raconte la légende, Saint Patrick a banni tous les serpents d’Irlande.
Croagh Patrick est connu à travers toute l’Irlande comme « The Reek ». Chaque année, durant le dernier dimanche de juillet («The Reek Sunday »), des milliers de pèlerins de tout âge arpentent la montagne, pied-nus pour beaucoup d ‘entre eux, jusqu’au sommet culminant à 765m. cette journée se clôture à minuit avec une retraite aux flambeaux.
L’histoire remonte en l’an 441 après J.C.. Saint Patrick jeûna pendant quarante jours et quarante nuits perché au sommet de cette montagne, avant d’accomplir un de ses plus grands miracles : l’expulsion de tous les serpents d’Irlande. En réalité, il n’y a jamais eu de serpents en Irlande, il fait trop froid et trop humide. Mais il faut plutôt voir dans cette légende la signification suivante: Le serpent étant le symbole de la foi druide, Saint Patrick, en bannissant tous les serpents du pays, rejette alors la religion druide hors des frontières pour laisser la place au christianisme.
Le récit de notre reporter :
« J’avais garé ma voiture sur le parking au pied du mont Croagh Patrick. C’était une de ces journées grises d’automne et la radio annonçait beaucoup de vent et de brouillard. Pour l’ascension du mont Croagh Patrick, il était conseillé de porter de bonnes chaussures de marche, des vêtements appropriés et de ne pas partir seul ou par mauvais temps. Mais c’était maintenant où jamais. Même s’il était 14 heures et qu’il ne restait plus que quatre heures avant la tombée de la nuit, j’étais bel et bien décidé à accomplir ce pèlerinage, bien que ce ne soit pas raisonnable.
Au début du chemin s’élève une grande statue de Saint Patrick en marbre bénissant les pèlerins avec un trèfle de couleur vert émeraude. « Avec ce temps, je vais avoir besoin de beaucoup de chance » me disais-je en m’engouffrant dans la brume.
L’ascension commençait par une pente longue et abrupte. Puis, au fur et à mesure, le brouillard devenait de plus en plus opaque, ce qui ne facilitait pas les choses. J’entendais un filet d’eau couler à côté de moi et j’en déduisis donc que le sentier suivait un cours d’eau. Alors, heureusement qu’il ne pleuvait pas, car sinon, je n’aurais pas pu arriver au sommet sans pagaie !
Après une longue montée, j’arrivai sur un terrain plat, ce qui me faisait croire que j’étais arrivé au sommet, que finalement ce n’était pas si dur que ça, et que j’aurais pu le faire pied-nus. Mais le sentier continuait sur la droite et le brouillard s’affina pour laisser apparaître une autre côte encore plus raide. Trois pierres, disposées en bas, marquaient la fin d’une étape et le début d’une autre, et permettaient aux pèlerins de prier autour.
A partir de là, j’ai commencé à croiser d’autres pèlerins. Il y avait un couple anglais venu en vacances avec leurs deux enfants adolescents. Ils étaient beaucoup mieux couverts que moi et ils avaient gravis deux jours plus tôt le mont Carrantuohil, l’un des plus hauts sommets du parc national de Killarney dans le Kerry. Le père me racontait en riant que le temps était bien pire qu’aujourd’hui et que ses enfants étaient obligés de se cramponner à la croix du sommet de Carrantuohil.
Inévitablement, le brouillard s’épaissit au fur et à mesure que je gravissais la dernière côte, ralenti par les chutes de pierres. Et soudain, dans la brume, apparut une silhouette. Je restai immobile, comme Omar Sharif dans Laurence d’Arabie, et une jeune américaine me tomba dessus. Elle avait choisi de redescendre et de laisser son mari continuer tout seul, ne se sentant pas rassurée. Mais je n’avais pas fait tout ce chemin pour abandonner ici. Je m’obstinai alors à aller jusqu’au bout, sous le regard inquiété de la jeune femme.
La dernière partie était la plus dure, le vent soufflait de plus en plus fort, j’étais littéralement exténué. Enfin arrivé au sommet, je rencontrai le mari de l’américaine, prêt à redescendre. Je lui dis : « Je reste encore un peu pour profiter de la vue », quelque peu ironique avec tout ce brouillard.
Les guides décrivent : « De magnifiques panoramas sur la baie de Clew et la campagne environnante ». Mais moi, je ne pouvais voir que le bout de mon nez…
Quarante jours et quarante nuits perché en haut de cette montagne balayée par le vent semblent une éternité. Ce n’est pas étonnant que les serpents aient fui ! Sur le chemin du retour, je n’ai croisé personne et je suis arrivé en bas quand le soleil a fait son apparition.
Le jour suivant, je suis allé à Achill Island, de l’autre côté de la baie, en face du mont Croagh Patrick. Le ciel était bleu, je suis resté à admirer ce haut sommet que j’avais atteint 24 heures plus tôt. »
Où séjourner:
Knockranny Hotel and Spa, situé aux portes de la ville colorée de Westport. Les chambres y sont spacieuses, calmes, aménagées avec beaucoup de goût et joliment décorées. Vous y trouverez tout le confort souhaité à partir de 180 euros la nuit, et le centre de bien-être sera idéal pour soulager la fatigue de votre ascension au Mont Croagh Patrick.
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